Après une exposition réussie à Marrakech en février dernier, l’édition 2020 de la foire 1-54 devait prendre ses quartiers à New York comme chaque année au cours du mois de mai. Malheureusement, la crise sanitaire résultant de la COVID-19 ne le permet pas. Cependant, les organisateurs de ce grand rendez-vous des arts visuels africains sur le continent, ont trouvé la parade en optant pour une exposition 100 % virtuelle, grâce à un partenariat avec le spécialiste de la vente d’art en ligne Artsy.

Une exposition virtuelle de plus de 600 œuvres

Avec son équipe, Touria El Glaoui, la fondatrice de la foire 1-54, travaille depuis 2015 à promouvoir les art visuels africains aux États-Unis. Le nom 1-54, fait référence aux cinquante-quatre pays que compte le continent africain. Et pour les mettre en avant, aussi bien dans leur unité que dans ce qui fait dans la diversité, cette passionnée ne ménage aucun effort.

Face à la pandémie du Coronavirus qui a occasionné l’annulation pure et simple de la plupart des événements culturels à travers le monde, Touria El Glaoui et son équipe ont opté pour une solution innovante. Ainsi, alors qu’elle était initialement prévue à la Caldwell Factory de Manhattan, c’est plutôt sur le site web d’Artsy que se déroule la foire 1-54 édition 2020. Et loin  de s’être dépouillée, elle enregistre la participation de plus de 80 artistes du continent africain et de la diaspora. Au total, les internautes pourront donc s’offrir une visite virtuelle de plus de 600 œuvres, depuis chez eux.

Parmi ces œuvres, figurent notamment les clichés d’Elsa Bledda sur la vie nocturne à Johannesburg. Les œuvres en noir et blanc de Nicolas Derné méritent également le coup d’oeil.  Le photographe martiniquais nous transporte dans un univers particulier où la photo et la peinture se côtoient. Les tableaux de Raphaël Adjetey Adjei Mayne font, pour leur part, partie des plus captivants dans la catégorie des travaux sur tissu. A l’aide d’un patchwork, l’artiste ghanéen dessine des compositions et des personnages qui créent un agréable mix entre tradition et modernité. Pour les amateurs de surréalisme et d’hyperréalisme, les toiles du Nigérian Kelechi Nwaneri et celles du Franco-Burkinabè Abraham Univers sont à découvrir absolument.

Un accès pour tous les acteurs

Afin d’offrir aux internautes une expérience optimale, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands. La foire a ainsi été ouverte les 4 et 5 mai pour les clients VIP, tels que les collectionneurs et les chasseurs d’œuvres exceptionnelles. Dès le 6 mai, la foire s’est ensuite ouverte au  public via site web d’Artsy, l’application iOS d’Artsy et les sites des 25 galeries partenaires. La possibilité est également offerte, à certaines conditions, de visualiser une œuvre en 3D. Dans tous les cas, l’expérience est très proche d’une visite physique.

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Par ailleurs, en plus de la possibilité de découvrir les œuvres d’art en ligne, la foire 1-54 a créé des contenus très instructifs sur les artistes exposants. Une série de vidéos intitulée 1-54 Studio Visit Series permet notamment de découvrir les espaces privés des créateurs. Vous pouvez les regarder sur la chaîne Youtube de la foire 1-54.

Une réussite malgré la crise

En raison de la crise actuelle, de nombreuses galeries font actuellement face à des difficultés financières, car elles sont fermées et les événements qui leur permettaient d’accéder au marché international sont annulés. Les organisateurs de la foire 1-54 se sont donc donné pour ambition de les aider à traverser cette période difficile en rendant leurs collections accessibles en ligne. Et visiblement, ça marche ! Au cours des deux jours ouverts aux VIP, de nombreuses galeries ont enregistré des ventes. La collection de l’artiste tanzanienne Sungi Mlengeya a ainsi été achetée dans sa totalité. D’autres artistes comme Kimathi Mafifo et Anjel ont également eu beaucoup de succès.

De quoi donner l’envie aux organisateurs de renouveler l’expérience. Il faut en effet dire que les expositions virtuelles ont l’avantage de rendre les arts visuels africains encore plus accessibles au grand public.

Des incertitudes pour le futur

La crise du Coronavirus n’est pas encore jugulée et de nombreuses questions se posent encore quant à la relance de l’économie, et plus particulièrement de l’industrie culturelle.  Une réouverture prochaine des musées et des galeries est encore incertaine dans de nombreux pays, comme c’est la cas par exemple au Royaume-Uni où le confinement n’est pas encore levé. Par conséquent, il est difficile de dire si l’organisation de la foire initialement prévue à Londres pour le mois d’octobre pourra tenir physiquement.

Dans tous les cas, elle sera différente de toutes les éditions précédentes. Touria El Glaoui prévoit entre autres un système de réservation d’un créneau horaire pour chaque visiteur. Le nombre de personnes présentes simultanément à l’intérieur de l’espace d’exposition sera également contrôlé. Des discussions ont eu lieu dans ce sens pendant un webinaire organisé le 19 mai avec les directeurs d’AKAA, Art X Lagos et FNB Art Joburg, trois autres foires d’art contemporain africain de grande envergure.

En attendant, la foire 1-54 édition 2020 se poursuit en ligne jusqu’au 30 mai 2020.


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