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pub_iwaria-2 Ces photographes africains contemporains qui remettent en question les attitudes…

Depuis quelques années, le 19 août 1839 est retenu comme date de l’invention de la photographie lorsque le daguerréotype a été présenté à l’Académie des sciences.
Cette date a été maintenue comme journée mondiale de la photographie.

Après la découverte des pionniers et des tendances de la photographie, nous vous présenterons la position engagée qu’adopte cet art médiatique pour donner une voix aux personnes en marge de la société et aux victimes des facteurs sociaux.

Après les maîtres comme Seydou Keita, Malick Sidibé, J.D. Okhai Ojeikere, Jean Depara, qui ont fait preuve d’une grande dynamique auparavant, de nouvelles étoiles comme Aida Muluneh, Mario Macilau, Joana Choumali, Ishola Akpo, Omar Victor Diop, Kudzanai Chiurai, Zanele Muholi et Fabrice Monteiro, apportent un nouveau regard sur l’Afrique.

L’Éthiopienne Aida Muluneh, à la recherche d’une photographie africaine et d’eau pour les Africains

 Ces photographes africains contemporains qui remettent en question les attitudes…
The Road of Glory
© 2020 Aida Muluneh

Cette photographe accomplie, récompensée par quelques prix, s’est fixée pour objectif de promouvoir un regard africain sur l’Afrique. À cette fin, elle a créé le Addis Foto Fest pour réunir les artistes photographes américains et africains et inciter les photographes à prendre en charge le récit de la nation. Elle tente d’encourager une culture photographique dans son pays et dit aspirer à une Éthiopie où le fait de sortir un appareil photo ne serait pas considéré comme une atteinte à la sécurité. Ayant vécu son enfance au Yémen et au Canada, Aida Muluneh a développé un sentiment profond pour son pays qu’elle a quitté à l’âge de cinq ans.

Elle a appris la photographie aux États-Unis, à proximité d’artistes photographes noirs américains, puis a rejoint le Washington Post en faisant une fixation sur l’Afrique, et en s’irritant que son pays soit constamment ramené à la famine.

Lorsqu’elle est retournée en Éthiopie, après 28 ans d’absence, elle a découvert un pays en pleine mutation, partagé entre le passé, le présent et l’avenir, entre les diverses urgences alimentaires et le tout nouveau tramway, le seul de l’Afrique subsaharienne, qui serpente entre les structures extravagantes en cours de développement et les ghettos où sont encore entassés la plupart des habitants d’Addis-Abeba.

L’une de ses œuvres les plus célèbres, une série de photos hors-sol « Painted Faces », met en scène de jeunes Africaines aux visages peints en bleu, blanc ou rouge éclatant. Les modèles deviennent des sujets imaginatifs, au lieu d’être réduits à leur africanité.

Résolu aux problèmes de pénurie d’eau, l’artiste photographe Aida Muluneh présente une autre série d’œuvres commissionnées par Wateraid. Enquêtant sur les questions de représentation, de sexe et d’équité sociale par le biais d’œuvres afrofuturistes composés de douze photos de grande envergure prises en Éthiopie. Cet étonnant travail s’inscrit dans le cadre de la programmation de Somerset House sur les thèmes de la nature. Ce projet s’est développé à partir d’une conversation sur le rôle de l’art en tant que soutien, sur les questions d’eau et d’assainissement, et sur la façon dont l’Afrique est abordée par les associations d’entraide et dans les médias mondiaux.

L’objectif fondamental qu’elle s’est fixé en réalisant cette série d’œuvres est de résoudre les problèmes causés par l’absence d’accès à l’eau, et ses effets sur la société en général, mais aussi sur les femmes, en particulier dans les régions rurales. Chaque photo traite de l’effet de l’accès à l’eau sur des questions telles que la liberté des femmes, leur bien-être, l’assainissement et la formation.
Pour Aida Muluneh, soutenir l’accès à l’eau dans les régions rurales d’Afrique est une question sociale urgente, tout comme un facteur déterminant de l’indépendance d’une communauté. 

Mario Macilau, un photographe confronté aux fantômes du Mozambique

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Human Negligence
© 01, 2020 Mario Macilau

À travers ses séries photographiques, Mario Macilau explore la nouvelle histoire du Mozambique, où les traces de la colonisation influencent la vie quotidienne.

La photographie pourrait-elle être utilisée pour exorciser les fantômes d’un pays ? Cette question implique un énorme travail réalisé par Mario Macilau, qui est venu à la photographie en quelque sorte par hasard.
Il a commencé à photographier les routes de Maputo peu après le conflit commun, de 1977 à 1992, alors qu’il passait du temps avec les enfants de la rue.

Ses œuvres récemment exposées à La Terrasse à Nanterre, ressemblent à un rassemblement de fantômes contemporains qui cherchent des réponses sur leur avenir. Dans sa série intitulée « Cercle de mémoires » réalisée en 2020, Mario Macilau met en scène des figures figées qui fixent l’invité, sur un fond de paysages marginalement obscurcis.  Les structures abordées datent de la colonisation portugaise du Mozambique de 1498 à 1975 et sont généralement en ruine. L’artiste photographe revendique ses choix de scénographie pour offrir du respect aux individus et sur les lieux : ces bâtiments sont une tradition de la colonisation, les individus vivent à proximité et les voient constamment. Son travail s’attache à ce qu’elles signifient pour la vie de ces gens aujourd’hui.

Peut-être qu’au lieu de s’en prendre frontalement à cet asservissement, Mario Macilau voit ses traces avec une distance, comme il l’a fait avec différents sujets. Dans les séries « Grandir dans l’ombre » et « Le coin des profits » créées en 2015, consacrées aux jeunes de Maputo, il a aimé photographier clairement ces fantômes de la société, dans des endroits déserts ou des décharges publiques. Des apparences adolescentes écartelées par la lassitude et la brutalité sur un décor de fumerolles, de sacs plastiques entreposés ou de séparateurs malades : pas grand-chose, mais une incroyable affectabilité. Et aussi, dans les coulisses, une analyse de la force politique incapable de reconstruire le pays.

Mario Macilau a en outre identifié l’impact de la colonisation dans la spiritualité, comme le représente sa série « Foi » créée entre 2017 et 2018. Continuellement clair, le preneur d’images des cérémonies animistes traditionnelles, où le lait, le kaolin écrasé et les plumes d’oiseaux font un autre style éliminé du regard occidental ethnologisant. Pour Mario Macilau, la colonisation ne cesse d’impacter la société contemporaine.

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Joana Choumali, artiste photographe sur les traces de l’identité et la récupération des blessures du terrorisme

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Ca Va Aller, 24×24 Cm
© 2018 Joana Choumali

L’artiste photographe Joana Choumali a depuis longtemps compris comment embrasser les questions qui tournent autour de l’identité. Son premier travail qu’elle présente est une série de portraits saisissants d’individus qu’elle a rencontrés dans sa ville et qui ont tous des visages marqués. Ces cicatrices, fines ou larges, étendues ou serrées, montrent le début et l’histoire de celui qui les porte jusqu’à la mort.  

Pour découvrir ses sujets, l’artiste photographe Joana Choumali s’est dirigée vers les gens sur la route. La majorité d’entre eux sont des migrants du Burkina Faso ou du Nigeria, issus de classes communes comme les nounous, chauffeurs de taxi, peintres, gardiens, menuisiers. Chacun d’entre eux a été scarifié lorsqu’il était enfant, car il s’agit d’une identité visuelle. Ces scarifications communiquent la famille dont on est issu, la ville, le lieu. Les dames, qui étaient perçues comme des artisans, allaient dans les villes et scarifiaient les jeunes. Elles incisaient la peau et appliquaient une poudre récupératrice. La plupart d’entre eux en gardent un souvenir marquant et douloureux. Quoi qu’il en soit, les progrès sociaux, les déplacements et les échanges ont peu à peu rendu cette pratique obsolète. Les cicatrices sont de plus en plus difficiles à porter dans la ville, où elles sont désormais incomprises, et deviennent les signes d’un autre temps. Aujourd’hui, aucun des modèles de l’artiste n’a besoin de faire scarifier ses enfants. L’artiste photographe Joana Choumali a dû apprivoiser ses modèles pour gagner leur confiance et affirme par ailleurs une méthodologie contemporaine, loin des enquêtes ethnologiques ou des photos intrigantes d’autrefois, car c’est une pratique qui se transmet et elle a accompli ce travail pour qu’elle ne soit pas oubliée.

Sa série « Ça va aller », tissée capte les semaines qui ont suivi l’assaut de Grand-Bassam, et a remporté le prix international Pictet, le 13 novembre à Londres, sur le thème de l’espoir. L’artiste, alors en résidence d’artisan au Maroc, a été confrontée à un événement douloureux qui lui a brisé le cœur. Ce jour-là, sur le bord de mer bondé de la ville située à une trentaine de kilomètres d’Abidjan, un commando de djihadistes se met à tirer et tue 19 personnes, Ivoiriens et étrangers confondus. Il s’agit de la seule attaque de ce type à ce jour en côte d’Ivoire. Pour elle, Grand-Bassam est un joyau, un sanctuaire d’harmonie, de douceur de vivre, une ville débordante de bonhomie, un refuge … où elle avait l’habitude de passer ses dimanches avec sa famille.

Au moment où elle est rentrée après les faits, l’expression « ça va aller » revenait dans les conversations. Une expression qui reflète la pensée positive en Côte d’Ivoire pour se consoler. Mais pour l’artiste, ce n’est pas suffisant, car sa blessure reste ouverte, et faire un deuil prend du temps. Trois semaines après ce malheur, elle part pour Grand-Bassam, se promène et commence à capter avec son téléphone le vide de la ville, la gradualité et le calme de ses occupants.

L’artiste engagée, après les représentations d’individus scarifiés et de gens de passage, attrape cette fois des scènes de route. Dans ses photos, les personnages sont régulièrement assis, pensifs et mélancoliques, dans un décor de bords de mer et de porches totalement déserts. Tout de suite après, Joana Choumali est tombée malade. Au bas de son lit, elle commence à concrétiser une idée qui lui tenait à cœur depuis longtemps : tisser ses photos sur du coton. Elle communique ses propres sentiments, profonds en tout cas, comme pour faire son deuil. En outre, elle tente d’offrir un ton à la grisaille, une satisfaction à la tristesse. Cette charge de tons a un langage et broder l’a apaisée et lui a permis d’explorer sa féminité qu’elle a depuis longtemps mise de côté dans la photographie.  

Accablée par cette sensation de saudade, elle en fait un projet qui étonnamment, semblable à un murmure dont la réverbération a fini par résonner bien au-delà de son espace pour finir par être exposée. S’en est suivie, pour cet autodidacte issu des arts graphiques et de la publicité, une pluie de réactions du monde entier. Joana Choumali a eu la possibilité de saisir la tristesse, la pitié, le vide, l’indignation, cette combinaison de sentiments qu’elle a réellement ressentis, pour faire surgir une histoire.

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Ishola Akpo, un preneur d’image qui écorche l’identité multiple, les êtres divins et les cérémonies africaines 

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L’essentiel est invisible pour les yeux,
2014 print on baryta paper, 60 x 90 cm
© ishola akpo

Inspiré de l’Afrique des chasseurs, le photographe Ishola Akpo dépeint un dieu inexistant : « Daïbi ». Ce dernier qui entre dans le panthéon des êtres divins sans le majestueux typique. Le photographe lui consent ses propres points de départ, mais aussi son corps et ses rêves en tenant compte de l’univers du dieu Ogoun, seigneur du fer dont les origines se trouvent dans l’actuel Nigeria avec une solide présence au Bénin, aux Caraïbes, au Brésil, à Cuba et en Haïti.

Entre représentation semblable à celle d’Abraham ou le rappel de pénitence qui n’est point concevable sans une lame de fer, le photographe Ishola Akpo fait de la lame une propriété, tout comme les nombreux ornements portés par son dieu qui arbore soit un bonnet bleu yoruba, un bonnet rouge marocain, un bonnet berbère ou des carillons. En référence aux chasseurs, il se couvre de poudre noire pour obtenir de la force.

L’artiste Ishola Akpo offre une sorte de fixations sur le sujet de nombreux personnages, celui de la liberté du corps face aux impératifs sociaux en se plaçant à la fois derrière et devant le flash, un cycle qu’il a efficacement utilisé pour la série « Pas de flash s’il vous plait ! », où il explore un univers fictionnel sans limites géologiques.

Dans sa série « L’essentiel est invisible pour les yeux », il adopte une méthodologie à la fois appliquée et narrative. Il raconte le récit de sa grand-mère à travers les objets excédentaires de son mariage traditionnel. Ces produits que la famille de l’heureux élu apporte comme image pour sceller l’alliance entre deux familles, deux tribus, deux ethnies et dont émergent leurs assentiments partagés. Par conséquent, dans un rêve de famille plus éloignée, on considère qu’un couple ne fonctionne qu’avec l’aide des relations directes et des familles respectives. En capturant cette série, Ishola Akpo, tente de montrer ce que l’objet ne révèle jamais, mais dont il est l’observateur silencieux. Chaque image porte en elle un ensemble de souvenirs vécus par le couple, mais aussi imaginés et fantasmés par l’observateur qui prolonge sa propre histoire sur les objets. Des images qui ont un potentiel suggestif pour la grand-mère de l’artiste, qui devenue à la fois objet et sujet de sa série comme pour faire un lien entre les objets corrodés et usés avec cette dame qui porte l’empreinte du temps. Comme pour nous dire que le fondamental étant imperceptible aux yeux.

L’artiste Ishola Akpo a également récemment créé une série d’œuvres après une résidence à la Fondation Zinsou où il présente à travers l’exposition « Agbara Women » les souveraines négligées de l’histoire.

Omar Victor Diop, l’incarnation des personnages délaissés de la diaspora africaine

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Selma, 1965
Lyberty
Human Negligence
© Omar Victor Diop

En 2014, sa série « Diaspora » le présente incarnant dix-huit personnages arrachés à leur continent, dont les destins, malgré le fait qu’ils puissent être racontés de manière chevaleresque, sont pourtant oubliés de la diaspora africaine.

Mathématiciens, poètes, artistes considérés autrefois, mais mis à l’écart par l’histoire. Dans cette série, Omar Victor Diop est également intrigué par l’émerveillement des icônes du football de la diaspora africaine, des hommes en fait consignés dans leur statut d’étrangers alors qu’ils travaillaient pour la France. Il a été exposé en 2016 à Paris Photo, et en 2017 à la Fondation Louis Vuitton.

Depuis sa série « Le Futur du beau » avec son appareil photo basique pour arpenter quelque peu le discours écologique et tenter d’avoir une méthodologie énergique qui s’adresserait à un public moins ouvert aux données logiques et avec un ton moins accusateur. C’est alors qu’est née la série « Studio des vanités », un ensemble qui ne s’arrêtera vraisemblablement jamais et qui ressemble à un journal d’expériences.

Avec sa série « Liberty », le sujet est plus politique. L’ensemble présente les diverses évolutions de l’obstruction qui élaborent les Noirs. Il s’intéresse aux rébellions de Soweto en 1976, contre la ségrégation raciale, aux Black Panthers, à la principale révolte effective des esclaves en Haïti en 1791, qui a donné naissance à la république noire libre en 1804, sans oublier Aline Sitoé Diatta, la Jeanne d’Arc sénégalaise… En ce qui le concerne, la bataille et les éléments continuent comme avant. C’est bien plus que la bataille des Noirs, c’est la bataille de l’équité. Avec « Diaspora » et « Liberty », Omar Victor Diop ne ménage pas un instant pour se mettre en scène devant un public, peuvent être considérées comme les deux volumes d’une même œuvre.

Kudzanai Chiurai, l’artiste politique qui refait l’expérience noire

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Revelations IV, 2011
© Kudzanai Chiurai

Il y a une scène dans « Soleil Ô », du film phare de 1970 du producteur mauritanien Med Hondo, qui est restée gravée dans la psyché de l’artiste Zimbabwéen Kudzanai Chiurai et qui indéniablement le pousse à s’intéresser aux ramifications et à l’importance de la décolonisation sur le continent.

Une des choses qui a attiré son attention, c’est qu’il n’y avait jamais de femmes en ce qui concerne l’histoire et les batailles de l’ère post-colonie. Pour remédier à cela, Chiurai a modifié le récit de sorte que la personne centrale du film soit une femme, qu’elle assume elle-même tous les rôles et que sa voix devienne la voix principale.

Kudzanai Chiurai a étudié à Pretoria et a dû ensuite traverser une période de marginalisation en Afrique du Sud, en raison de ses premiers travaux peu flatteurs qui critiquaient profondément le système Mugabe.

Ces premières œuvres se concentraient sur les conflits politiques, monétaires et sociaux de son pays, mais sa pratique imaginative couvre néanmoins un large éventail. Qu’il s’agisse d’œuvres mixtes de grande envergure ou d’œuvres d’art qui abordent les problèmes les plus importants auxquels l’Afrique est confrontée, comme la xénophobie, la délocalisation et le renforcement de l’obscurité, son travail s’oppose aux observateurs qui ont une expérience mentale et réelle des conditions métropolitaines des villes africaines, qu’il considère comme les mélanges les plus cosmopolites de la masse continentale, où un grand nombre de personnes déplacées et de chercheurs de refuge luttent pour survivre à côté du flot perpétuel d’habitants récemment urbanisés.

Au cours de la dernière décennie, il a créé un style visuel exceptionnel qui consolide la société dominante avec des enquêtes sarcastiques sur l’initiative post-coloniale et les plans politiques du continent. C’est un style qui lui a valu d’être exposé sur toute la planète, et ses œuvres figurent sur les murs de personnalités telles qu’Elton John et Richard Branson. D’un autre côté, c’est un style qui est à nouveau introduit dans les nouvelles compréhensions occidentales de la condition de la vie noire.

L’artiste zimbabwéen, dont les compositions dramatiques et théâtrales sur le pouvoir et la corruption lui ont valu une foule grandissante, fait référence à une preuve tentante des « diamants du sang » et son projet « The Republic ».  Dans ce projet, on trouve 11 photos où il pose – certains en slip, d’autres brandissant des armes – comme des tyrans africains anonymes englobés par les caractéristiques de l’oppression. En ce qui le concerne, il s’agit d’un état anecdotique, la confiance en son travail se justifie.

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L’artiste photographe Zanele Muholi dénonce les clichés sur les femmes noires

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Nomalendi II, Parktown (Triptych), 2016
© Zanele Muholi

Férocité, exotisme, sex-appeal… Dans un excellent livre, la Sud-Africaine Zanele Muholi distribue ses autoportraits, attendus comme des armes contre le sectarisme et l’homophobie.

Extrémiste visuelle et artiste photographe qui s’est donnée pour mission de modifier l’histoire queer noire et transvisuelle de l’Afrique du Sud, elle montre son opposition face à la stature des violations et du mépris en Afrique du Sud et dans le monde.

En ce qui concerne Zanele Muholi, la noirceur est la nuance de sa peau et une pièce fondamentale de son identité. C’est ce noir, illustré par des photos qu’elle décline volontiers, sur un grand nombre de pages dans son livre, une progression d’autoportraits sauvages et délicieux, dans un arrangement énorme et précieux sur des décors éblouissants. Parfois, Zanele Muholi s’incarne en statue de la liberté aussi hiératique qu’elle semble bizarre, la peau et les vêtements noir charbon, déléguée avec un diadème fait de lingettes. Quoi qu’il en soit, elle peut aussi bien être une combattante à la chevelure hérissée d’aiguilles de porc-épic, qu’un visage carrément exposé et atroce recouvert d’une masse de dreadlocks.

Celle qui offre aux femmes lesbiennes noires sud-africaines, de découvrir leur essence et leur donne la possibilité de défendre leur distinction et leur particularité dans le monde, va quelques fois au-delà du récit social, des images, avec une authenticité indéniable qui force un vis-à-vis d’une puissance peu commune avec l’observateur.

La prescience telle qu’indiquée par Fabrice Monteiro

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The prophecy
© Fabrice Monteiro

Artiste extrêmement inspiré par la culture africaine, de la sélection de ses modèles à la sélection de ses thématiques, Fabrice Monteiro dans un but de conscientiser sur les problèmes écologiques présente à travers son art une prédiction horrible aux Africains si leurs propensions ne changent pas.

L’artiste photographe Fabrice Monteiro a mis en scène un « Djinn » afin de pouvoir aiguiser le public jeune à la critique environnementale ainsi qu’aux méfaits d’une éthique de la propriété, dont la ligne directrice incite adéquatement à une maîtrise en chaîne : les pèlerins sur les locaux, les hommes sur les femmes, les personnes sur les créatures, l’univers et chaque âme vivante. Une manière pour lui de tourner la censure en dérision de fureur mondiale pour inviter à observer le précieux et l’extra.

Entre sources d’eau souillées, air pollué, pâturages empoisonnés, troupeaux anéantis, il rend hommage à la terre. Le photographe dissident nous invite à laisser un témoignage construit pour absoudre les pollueurs, en les distinguant sans fausser note. Il les relie à l’histoire du capitalisme victorieux.

Fabrice Monteiro change les codes et esthétise le vrai dans des propositions photographiques qui jouent avec l’exécution et les expressions. Il joue avec les ressorts de l’enchantement, du symbolisme et du style, de la bizarrerie bouleversante de la rêverie calculée qui interroge. On voit l’impact philosophique vodoun portée à la nature, derrière ces rêves épiphaniques. Son but est peut-être d’accomplir un réveil planétaire afin de protéger le système biologique pour un avenir vert.


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