Célébrité internationale dans le monde de l’art, l’artiste camerounais Barthélémy Toguo a, comme son confrère Africain El-Anatsui à la conciergerie de paris, obtenu Carte blanche de la Fondation Dapper depuis le 19 mai pour la présentation de l’exposition « Désir d’humanité, les univers de Barthélémy Toguo » ouverte jusqu’au 5 décembre 2021.

Dans l’exposition « Désir d’humanité, les univers de Barthélémy Toguo », ses œuvres expriment une extraordinaire impériosité remplie de révolte, d’engagement et de transgression à travers des dessins, des peintures, des sculptures, des installations, des vidéos. Il relate les tortures du monde pour mieux les découvrir : guerres, mauvais traitements de force, immigration, famines… mais aussi, il interroge l’homme et notre propension à prendre conscience des difficultés et des torts qui perturbent dans nos sociétés.

nm0223-copie-1920x2318-2-848x1024 « Désir d'humanité, les univers de Barthélémy TOGUO » à la Fondation Dapper
The Giving Person in the Solitude, 2010 © Barthélémy Toguo / Courtesy Bandjoun Station et Galerie Lelong & Co. Adagp, Paris, 2021.

À travers son travail, il défie les préjugés avec son œuvre « Strange Fruit », l’absence d’eau avec « Water Matters », les migrations forcées avec « Road to Exile » ou « Déluge XI », il se confronte de temps à autre au défi de la dénomination, notamment avec sa série photographique « Stupid Black President ».

Entre des aquarelles rouge sang, montrant des corps au supplice, parfois hérissés de clous ; des installations imposantes qui interrogent le sort éventuel de la planète… C’est à travers le cristal des rencontres que ses œuvres créé un lien complet avec les pièces d’arts anciens africains de la Fondation Dapper. Comme pour donner un contour net et précis de ses responsabilités et de son travail.

Le plasticien engagé Barthélémy Toguo

capture-decran-2018-01-11-a-11-31-04 « Désir d'humanité, les univers de Barthélémy TOGUO » à la Fondation Dapper
Barthélémy Toguo


Barthélémy Toguo est une figure de proue de la scène contemporaine africaine. Il partage actuellement son temps entre entre son centre d’art au Cameroun et la France. Son objectif depuis l’âge de 17 ans est de faire rêver les individus à travers son art.
Après une entrée à Abidjan pour des études aux Beaux-Arts, il prit par l’École supérieure d’art de Grenoble, puis au Kunstakademie de Düsseldorf en Allemagne, avant d’être vu en 2000, lors de la Biennale de Lyon.

Il a exposé de manière intéressante au Palais de Tokyo en 2004, puis au Centre Pompidou pour l’exposition « Africa Remix », en 2005 et dans de nombreux autres grands institutions culturelles.  

Pour lui, l’art n’est certainement pas un plaisir singulier, mais une méthode pour émouvoir le plus grand nombre d’individus, un objectif qu’il poursuit depuis ses premières œuvres, par exemple « Transit(s) », qui date de 1996 et dénonce la ségrégation subie par les minorités aux passages des frontières, dans les aéroports et les gares. Ou sa présentation à New York en 2001, où il a lavé à l’eau un drapeau américain lors de l’exposition « Political Ecology », comme pour réprouver le refus des Etats-Unis de signer les accords de Kyoto. Ou encore sa série d’ébréchures sur la mémoire de l’esclavage. Il négocie sans ménagement avec l’élément effroyable de l’histoire, les dramatisations de l’existence quotidienne, la délicatesse et la faiblesse des gens.

Aujourd’hui, révolté par le vol et le pillage des objets d’art africain par les colons, les explorateurs et les missionnaires, il déplore l’imposition du modèle commercial de l’art africain contemporain par les collectionneurs privées et les musées d’exposition des nations hors d’Afrique. 

Ce qu’il dénonce, c’est le manque d’approche culturelle des nations d’Afrique. Barthelemy Toguo considère ainsi que les élites du continent et de la diaspora doivent se réveiller, au motif qu’après la déficience de l’art traditionnel, c’est actuellement l’art contemporain qui quitte également l’Afrique.  

C’est ce cadre qu’il tente de combattre en ouvrant dans son pays, le Cameroun, un espace, à la fois résidence d’artistes et musée, « Bandjoun Station », qui accueille la création locale, mais aussi des artistes du monde entier. Le tout dans un objectif non lucratif sur trois hectares, et abritant une ferme expérimentale axé sur l’indépendance alimentaire.

Finaliste du prix Marcel Duchamp en 2016, le Centre Pompidou l’a accueilli pour exposer aux côtés des autres participants, Kader Attia qui remportera l’édition de cette même année, Yto Barrada et Ulla von Brandenburg. Il propose l’œuvre l’œuvre « Vaincre le virus », soit dix-huit vases en porcelaine de deux mètres de haut, peintes d’images louant la lutte contre le sida et Ebola. Ce qui pour lui s’adresse à une sorte de réceptacle d’eau, qui régénère lorsqu’elle est saine, peut être une source de menace lorsqu’elle est contaminée. Une sorte d’attrait pour notre conscience à tous.   Rappelons-le, l’exposition « Désir d’humanité, les univers de Barthélémy Toguo » se poursuit jusqu’au 5 décembre 2021 à la Fondation Dapper à Paris.

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