La galerie Cécile Fakhoury à Paris ouvre en beauté la semaine de l’art avec “Ritz, unité 3“, une exposition personnelle du talentueux Cheikh Ndiaye. À travers cette présentation unique, l’artiste sénégalais immerge le public parisien dans un contexte post-colonial, où ses peintures illustrent les façades des cinémas au sein de la société ouest-africaine. Cette exposition est à découvrir jusqu’au 30 novembre dans cet espace dédié à l’art.
Reconnu sur la scène artistique contemporaine tant africaine qu’internationale, Cheikh Ndiaye navigue entre installations et toiles pour dévoiler les récits sociaux et culturels des régions ouest-africaines. À travers ses œuvres, il fait part de sa perception de l’historicité, offrant une interprétation visuelle enrichissante de l’anthropologie et de l’architecture. Son regard singulier sur l’informel, qui sous-tend sa pratique créative, redonne vie à des matériaux en déshérence, les élevant à un nouvel imaginaire tout en réaffirmant leur fonction originelle.
Dans les villes post-coloniales d’Afrique de l’Ouest, les cinémas ont souvent été les premiers bâtiments transformés pour répondre à des besoins contemporains, devenant des lieux de culte, des supermarchés ou des garages. Dans “Ritz, unité 3“, Cheikh Ndiaye s’empare de cet objet témoin pour interroger la complexité des sociétés ouest-africaines, engageant ainsi une réflexion sur leur évolution et leur héritage.
L’exposition révèle les façades modernistes des cinémas, magnifiquement capturées par l’artiste sénégalais, qui s’imposent sur la carte urbaine mondiale, allant même au-delà des grandes métropoles. Plus qu’une simple représentation géographique, les enseignes lumineuses et nostalgiques peintes par Cheikh Ndiaye dessinent une autre cartographie, celle de l’immense pouvoir évocateur du cinéma, avec des références emblématiques telles que l’Eldorado, le Nova York et le Ritz. À travers cette série d’œuvres, l’artiste raconte une histoire sensible, construisant des imaginaires et des mémoires collectives.
L’exposition met également en lumière des œuvres habitées par les mémoires de figures emblématiques du cinéma, qu’elles soient sénégalaises, africaines, comme celles de Djibril Diop Mambety et Ousmane Sembène ou issues du mouvement de la Nouvelle Vague occidentale,. En intégrant des références directes à l’histoire cinématographique et aux personnalités qui l’ont façonnée, Cheikh Ndiaye engendre une réflexion profonde sur la complexité de notre héritage. Ainsi, ses créations deviennent de véritables capsules mémorielles, désignées sous le terme de “Memory Devices“.
Actuellement visible dans le cadre de la Biennale de Busan, le travail de Cheikh Ndiaye a également illuminé des scènes prestigieuses telles que les Biennales de Venise, La Havane et Dakar, ainsi que la Maréchalerie – Centre d’art contemporain de l’ENSA Versailles et la Fondation Prada à Milan.
L’exposition « Ritz, unité 3 » de Cheikh Ndiaye à la galerie Cécile Fakhoury explore les façades de cinémas emblématiques, évoquant la puissance du cinéma dans un contexte post-colonial. À travers des hommages à des figures emblématiques, l’artiste interroge les mémoires collectives et l’impact culturel du 7e art, par le prisme de l’art contemporain sénégalais.

