“Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other” : plongée au cœur de la créativité des artistes africains et diasporiques

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© Minia Biabiany, »Musa«, 2020, video still
© Minia Biabiany, »Musa«, 2020, video still

Jusqu’au 10 novembre, M. Bassy a le plaisir de présenter dans son centre artistique « Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other ». Cette exposition interdisciplinaire inédite regroupe un nombre impressionnant d’œuvres et d’artistes contemporains, tous issus du continent africain et de sa diaspora à Hambourg. Artistes, activistes et collectifs abordent, dans une approche sociopolitique et anthropologique critique, les notions d’écologie, de nutrition, d’agriculture, d’alimentation et d’utilisation des ressources à travers une perspective dé-coloniale et globale du Sud.

« Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other » accueillera des acteurs contemporains tels que Minia Biabiany, CATPC (Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise), Ramata Coulibaly, Binta Diaw, Luiza Prado de O. Martins, Tracey Rose, ainsi que des invités comme Luvinsky Atche, Darlène Kassem, Nkhensani Mkhari, Ozoz Sokoh et Magda Tedla.

"Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other" : plongée au cœur de la créativité des artistes africains et diasporiques
Film still from »White Cube«, Renzo Martens, 2020, copyright by Human Activities

Bien plus qu’une simple exposition, il s’agit d’un projet artistique qui se décline en plusieurs volets. Dans un premier temps, il se présente comme une exposition collective de deux mois, mettant en avant des œuvres sculpturales, multimédia et des installations des artistes Minia Biabiany, CATPC, Ramata Coulibaly, Binta Diaw, Luiza Prado de O. Martins et Tracey Rose.

Le projet proposera ensuite trois résidences d’artistes et de recherche, ainsi que des événements d’accompagnement. Le public pourra assister à des conférences d’artistes, des performances culinaires et une projection de film, incluant des activistes et des acteurs culturels et culinaires tels que Luvinsky Atche, Darlène Kassem, Nkhensani Mkhari, Ozoz Sokoh et Magda Tedla. À travers cette programmation riche et engageante, ces acteurs contemporains cherchent à aborder les thèmes de la nourriture, de l’art et de l’activisme de manière holistique et en collaboration avec le public de Hambourg.

"Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other" : plongée au cœur de la créativité des artistes africains et diasporiques
Artist in Residency – Ramata Coulibaly

« Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other » interroge les visiteurs sur l’influence des expériences vécues par les Noirs et les Afro-diasporiques sur la consommation et la production alimentaire. Comment pouvons-nous affiner notre compréhension des racines du capitalisme patriarcal et des systèmes agricoles monopolistiques ? Et au-delà de cela, quelles formes d’identité et de connectivité pouvons-nous identifier dans la culture alimentaire des communautés noires et afro-diasporiques ?

Telles sont les interrogations qui jalonnent ce grand projet artistique. À travers le processus créatif, les artistes, percevant l’art et la nourriture comme des vecteurs de résistance et d’autonomisation collective, sont amenés à discuter de ces questions. En impliquant également le public de Hambourg, ils favorisent la participation à travers des performances discursives, des interventions visuelles, et d’autres approches participatives, suscitant une prise de conscience sur l’importance des denrées alimentaires et des stratégies de « se nourrir soi-même » afin de soustraire les communautés marginalisées aux mécanismes historiques d’exploitation.

"Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other" : plongée au cœur de la créativité des artistes africains et diasporiques
Tracey Rose, »Ciao Bella«, 2001, video, @ Tracey Rose Studio

Le choix géographique de l’exposition tient compte de la situation stratégique de la ville. Hambourg, ville portuaire, a toujours joué un rôle de porte d’entrée vers le monde colonial, et les profits des compagnies maritimes et des familles de marchands locaux étaient étroitement liés au vol des ressources coloniales et à l’asservissement des populations à une main-d’œuvre bon marché. Les produits coloniaux tels que le sucre, le café et les bananes sont encore consommés aujourd’hui, sans que les liens historiques et transatlantiques soient souvent pris en compte. Cela résonne avec les discours fondamentaux de l’exposition « Food, Art & Activism : Nourishing Ourselves and Each Other » et lui confère une plus grande valeur symbolique.

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