La dernière exposition montée par Okwui Enwezor « Black Grief and White Grievance » au New York’s New Museum, s’est fermée ce 6 juin 2021.

Conçue pour dénoncer la politique américaine et soutenir le mouvement Black Lives Matter et les manifestations menées contre la violence dont les Noirs sont victimes, cette exposition reste l’expression de l’indignation de l’affliction noire face au grief blanc.

Okwui Enwezor souhaitait une ouverture de l’exposition au même moment que les élections présidentielles de 2020 aux États-Unis. Resté dans cette logique, quelques textes reviennent sur les élections américaines de 2016 au mémorial de Gettysburg où, l’ex président américain Donald Trump fit un appel. L’évocation de ce site de bataille rappelle les martyrs tombés en défendant la liberté des Noirs et leurs associés. Le commissaire Okwui Enwezor met en exergue les influences de ce passé douloureux dans les discours de la campagne de Trump. S’inspirant de cela, l’exposition étale les atrocités que suscite la prééminence blanche et la résilience des noirs afin d’instruire sur cette époque contemporaine.

L’exposition débute avec les scènes vidéos en noir et blanc de Garrett Bradley, une installation monumentale de Tiona NekkiaMc Clodd, suivie des d’estampes de la série Ars de Terry.

New-Museum_Grief-and-Grievance_2021_0638-1024x768 Rétrospective sur « Black Grief and White Grievance », la dernière exposition de Okwui Enwezor au New York's New Museum !
(Front) Tiona Nekkia McClodden’s, THE FULL SEVERITY OF COMPASSION, 2019. (Back) Garrett Bradley, Alone, 2017 (still). Single-channel 35mm film transferred to video, sound, black-and-white; 13 min. “Grief and Grievance: Art and Mourning in America,” 2021. Exhibition view: New Museum, New York. Photo: Dario Lasagni

« Black Grief and White Grievance » dévoile des situations inhumaines vécues. D’un fait à un autre, les films et les tableaux que présente cette exposition expriment la douleur et l’amertume caractérisant la vie quotidienne des Noirs. La problématique du matérialisme social, la recrudescence du racisme anti-noir et les violences policières sont également évoquées dans cette exposition.

Comme pour accabler la mélancolie des Noirs, le décès du curateur Enwezor aretardé l’exposition et a fait passer sa gestion à ses collaborateurs dont Naomi Beckwith, Massimiliano Gioni, Glenn Ligon et Mark Nash qui tentent tous de rester fidèles à sa vision.

L’Afrique en deuil : Okwui Enwezor, le commissaire d’exposition s’est éteint.

AR-AJ583_VENICE_P_20150430154933 Rétrospective sur « Black Grief and White Grievance », la dernière exposition de Okwui Enwezor au New York's New Museum !
Okwui Enwezor

Décédé le 15 mars 2021 des suites d’un cancer, Okwui Enwezor a rejoint sa compatriote Bisi Silva morte environ un mois avant.

Originaire de Calabar, Okwui Enwezor rejoint New York en 1982 et se lance dans l’écriture de la poésie et des critiques d’art avant de commencer ses propres expositions dans les années 90.

Fondateur de la revue d’art Nka : « Journal of Contemporary African Art », il organise en 1996 « African Photgraphers ». Après avoir perfectionné son travail et acquis une notoriété, sa carrière fut marquée par des commissariats d’exposition qu’il assura en Afrique et dans le monde. C’est le cas de la Biennale de Johannesburg en Afrique du Sud en 1996, Dokumenta 11 de Cassel en 2002, Biennale de Gwangju en Corée du Sud en 2008, Triennale Intense proximité au Palais de Tokyo en 2012.

En poste en Allemagne, en tant que de directeur artistique de la Haus der Kunst de Münich depuis 2011, la défaillance de sa santé l’obligea à partir de cette institution l’année dernière.

En sa qualité de commissaire de la 56èmeédition de la Biennale de Venise, ayant porté sur le thème « All the world’s future », Okwui Enwezor a ouvert cette édition aux artistes contemporains africains, à l’instar de Olabisi Obafunke Silva, décédée le 12 février 2021 à 56 ans. Engagée dans le rayonnement de l’art contemporain dans son pays, cette dernière devient la fondatrice et directrice artistique du Centre for Contemporary Art (CCA) de Lagos ouvert en 2007. Elle est à l’étranger pour ses divers rôles de commissaire ou commissaire associée de plusieurs événements culturels et artistiques dont : « The progress of Love » aux États-Unis et au Nigeria en 2012-2013, « J.D.’OkhaiOjeikere : Moments of Beauty » en Finlande en 2011, « Praxis : Art in Times of Uncertainty » en Grèce en 2009, et bien d’autres.

À la tête de la relance des Rencontres de Bamako en 2015, elle affiche son ambition de prouver que les armes puissantes que représente la culture suffisent pour combattre l’extrémisme. À cette rencontre, l’artiste révèle le travail du photographe J.D. ‘Okhai Ojeikere, à travers son exposition et la présentation du livre dédié à la valorisation du travail de son compatriote.

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