Pourriez-vous commencer par nous parler un peu de vous : D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

Daffa Konaté : je suis née et j’ai grandi en région parisienne, je suis originaire du Mali et du Sénégal.
J’ai travaillé pendant presque 10 ans dans le domaine de la solidarité internationale. Je vis depuis 5 ans à Istanbul où j’ai fondé Kelen. J’organise des événements culturels et artistiques dédiés à l’art contemporain d’Afrique, l’idée étant de parler du continent de manière positive…de déconstruire les stéréotypes….

Comment vivez-vous cette période de COVID 19 ? Est-ce que cela a conduit à un changement dans votre façon de travailler ? Quelles sont les nouvelles choses que vous avez mises en place pour pouvoir réaliser votre activité ?

Daffa Konaté : Cette période n’a pas été facile au début car j’avais deux événement sur lesquels je travaillais depuis plusieurs mois qui n’ont pas pu avoir lieu : l’exposition “l’Afrique en mouvement” à Istanbul en mars, et une vente éphémère à Nairobi, en avril.
Décidée à ne pas simplement subir, j’ai débuté des interviews vidéos avec l’envie d’échanger avec des artistes sur cette période si particulière, et d’en connaître l’implication sur leur travail.
Depuis la rentrée, je me recentre sur la Turquie, puisque les voyages sont compliqués, en développant des partenariats, notamment avec un café-galerie à Istanbul qui soutient des associations en Tanzanie.

Pourriez-vous nous parler de l’évolution de Kelen ?

Daffa Konaté : Kelen a beaucoup évolué en 4 ans, mais l’objectif reste le même : parler de l’Afrique autrement.
A mes débuts, j’organisais des expositions et ventes assez classiques, même si la mise en lumière des artistes a toujours a été au centre de ces événements : origine, parcours, inspiration…
Aujourd’hui, j’organise toujours des événements culturels et artistiques et mon challenge est de les amener dans des endroits atypiques, tels que hôtels ou restaurants, afin de toucher plus de personnes, notamment celles qui ne sont pas familières avec l’art.
L’année dernière je travaillais également avec un lycée. J’ai organisé et coordonné une série d’ateliers, ainsi qu’une exposition qui n’a pas encore eu lieu pour les raisons évoquées précédemment.

D’où viennent principalement les artistes que vous représentez ? Comment les rencontrez-vous ?

Daffa Konaté : Principalement du Mali et du Sénégal pour des raisons évidentes de logistique 🙂 mais aussi du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Congo et du Kenya. Je suis ouverte aux artistes de tous les pays.
Je les rencontre lors de mes voyages et beaucoup, mais aussi beaucoup via les réseaux sociaux. Je suis aussi approchée par certains.

Quelles sont vos impressions sur la façon dont les Turcs perçoivent l’art africain ? Y sont-ils sensibles ?

Daffa Konaté : Pour beaucoup, l’art africain se résume aux masques et à un art artisanal et coloré, donc c’est une découverte plutôt positive. Les événements Kelen sont un prétexte pour échanger autour de l’Afrique et de sa diversité. 

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Plus que jamais, le COVID 19 a mis en avant l’importance des arts et de la culture dans la vie des communautés. Comment voyez-vous l’avenir de la promotion de l’art africain en particulier ?

Daffa Konaté : Je pense que la crise a surtout exacerbé les multiples dysfonctionnements du secteur culturel dans de nombreux pays africains. Il faut développer le tissu local : musées, galeries d’art, théâtres, conservatoires, etc. Un vrai challenge pour pallier l’absence de politiques culturelles. Il faut tout construire : structures, réseaux de distributions et définir le statut des artistes. Ces derniers doivent pouvoir vendre dans leur pays et créer encore plus afin que l’économie de l’art contemporain émerge.         


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