Une force spécifique de la pratique artistique de Raphael Adjetey Adjei Mayne est qu’il travaille avec des surfaces exubérantes. Les personnes qu’il dépeint débordent devant des champs de fleurs uniques, dérivent sur des panneaux d’ombrage monochromes vibrants, ou se placent dans des fondations discrètes faites de jeans ou de texture en surplomb. En dépit de ces caractéristiques variées, une intelligence interne et épaisse envahit ses œuvres et les rend simples et reconnaissables.

L’exposition « Assuming you look like me » présenté jusqu’au 22 août 2021 à la Galerie GNYP de Berlin par l’artiste Raphael Adjetey Adjei Mayne apporte une correspondance et expérience comme point de départ moteur et objectif sur chacune des œuvres. Chose particulièrement vraie pour les enfants qu’il dépeint après une écoute attentive pour leurs donner les moyens de suivre son guide pour trouver leur propre voie.

Il capture ensuite ce moment sur une photo pour la traiter plus tard dans son studio de Cologne. Il apporte un échange entre éléments d’image singuliers par le biais de la peinture et de la couture, tout comme par des mélanges de textures aux caractéristiques diverses et des peintures acryliques obscures, qu’il consolide ensuite pour encadrer une représentation lumineuse de divers matériaux et haptiques.

 Raphael Adjetey Adjei Mayne présente « Assuming you look like me » au GNYP Gallery de Berlin
Mummy Said I Should Take Care Of You, 2020
© Raphael Adjetey Adjei Mayne

De toute évidence, les textures Adinkra d’Afrique de l’Ouest regorgeant d’images éponymes et significatives se retrouvent en retour avec des thèmes, des marques et symboles, tout comme des textiles modernes tels que le polyester. Dans un but précis, cette épaisse collection à l’extérieur de la composition reprend le cycle complexe de création des textures Adinkra, qui sont généralement tissées, cousues et imprimées à la main. La méthodologie compétente de l’artiste et son vaste répertoire spécialisé conduisent à des rêves optiques, dans lesquels les couches peintes et appliquées sont à peine reconnaissables. Cette variété aboutit enfin au croisement de signes et d’impacts coutumiers et contemporains, ghanéens et ouest-européens, et, par l’intervention de thèmes picturaux, à une convergence considérable.

Avec cette richesse intérieure, Raphael Adjetey Adjei Mayne réussit à donner vie aux personnages représentés. Néanmoins, il néglige presque le fait que dans ses toiles, la partie la plus caractéristique d’une représentation reste douteuse : représenter des visages comme un espace vide retourne les pratiques traditionnelles. Cependant, grâce à son habileté, la distinction n’est pas communiquée ici par une représentation naturaliste du visage. Peut-être, la singularité se lance-t-elle dans un jeu avec son inverse – l’absence de nom -, un jeu qui laisse place à nos propres conjectures sur ce qu’est ou pourrait devenir cette personne.

Les échanges divers entre les images, les matériaux et les méthodes. Ainsi le représenté et le spectateur crée une expérience authentique – c’est là le cœur incontestable de l’œuvre de Raphael Adjetey Adjei Mayne. Les entrelacements généreux et figuratifs constituent une organisation de portée mondiale intrinsèque à l’image, qui reflète les effets extérieurs sur les personnes représentées, mais qui peuvent aussi communiquer leur vie intérieure, leurs attentes, leurs plaisirs et leurs questions. 

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Rappelons que l’exposition « Assuming you look like me » est ouvert jusqu’au 22 août 2021 à la Galerie GNYP de Berlin.


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