Déroulée du 18 février au 10 Avril 2021, sous le thème « Money, Money, Money » , la dernière exposition personnelle de l’artiste Béninois Meschac Gaba s’est tenue à la galerie d’art Stevenson basée au Cap en Afrique du Sud.
L’artiste conceptuel contemporain Meschac Gaba livre les résultats d’une enquête menée tout au long de sa carrière sur l’évolution des valeurs socioculturelles et monétaires, tout en puisant dans les faits qui ont marqué sa vie de créateur entre 1994 et 2016.
L’exposition « Money, Money, Money », est un ensemble de partage à travers installations, sculptures et gravures, mais aussi la monnaie utilisée comme une chute, cet outil discursif et un embellissement.

Meschac Gaba : Artiste analyste de l’économie.

Cette conception de l’artiste contemporain africain Meschac Gaba n’est pas ex nihilo. Elle provient de son expérience entre le Bénin et le Pays-Bas où, il a observé, pendant plusieurs années les éléments caractérisant le rapport entre l’Afrique et le monde occidental.
Usant de l’art comme levier d’analyse socioéconomique, il lève un coin de voile sur la vulnérabilité et le caractère protéiforme des systèmes d’échanges en Afrique et dans le monde. 

Sa démarche : remettre en cause l’influence occidentale dans la régulation des politiques économiques africaines ; combat qu’il mène depuis bientôt plus de trois décennies.

Dans l’exposition « Money, Money, Money », Meschac Gaba a utilisé la monnaie comme outil d’introspection pour clamer la nullité de la valeur esthétique des pratiques préexistantes dans l’univers des échanges internationaux.

Pour mettre en avant cela, une œuvre majeure « Atlantique » créée en 2001 a été présentée à l’exposition. Elle met en avant un assemblage de drapeaux de quelques pays d’Afrique, associé aux cannes à pêche et aux billets de banque ; Une manière subtile pour lui de rappeler que nous avons besoin de changer de paradigmes afin de transformer nos loisirs en conquête, en survie et mieux-être.

Le révolutionnaire de l’art africain

De la peinture à la sculpture, en passant par la structure, les objets recyclés ou encore ces pièces qui ont une allure de perruques majestueuses aux couleurs primaires. Meschac Gaba s’est illustré au rang des artistes contemporains africains novateurs de sa génération.  

Tiré entre modernité et art traditionnel africain, il opte pour la mixité dans ses créations dont : « Perruque voiture », « Perruques architecture », « Voyage-Colis » ou encore « Archéologies contemporaines » qui sont Corpus d’œuvres insolites qui révèle le métissage culturel dont il est le produit.

L’artiste conceptuel Meschac Gaba a marqué l’esprit des amoureux d’art avec ses installations d’objets du quotidien, tout en alliant identités culturelles aux échanges commerciaux entre l’Afrique et le monde occidental. Il projette une vision panoramique qui lui permet de penser le collectif et le particulier, le local et le mondial, la tradition et la globalisation.

Dans la quête d’une nouvelle historiographie contemporaine de l’Afrique, il a pris la mesure de corriger les préjugées sur l’Afrique en repensant la notion du musée. L’œuvre d’art pour lui n’est plus seulement une pratique, ni une simple manifestation du beau, mais plutôt un moyen d’expression politique, un canal pour exprimer son opinion et participer à l’animation de la vie sociopolitique.

Tournant en dérision les faits et événements, il utilise l’humour, l’ironie et la satire pour dénoncer et conscientiser dans ses créations, ce qu’il nomme « exposition d’auteur », concept où les œuvres sont réalisées comme une forme en soi, sociétale, politique, autonome et indépendante.

Auteur du « Musée d’art contemporain africain », cette installation pleine d’esprit qui renverse les idées préconçues sur l’art africain. Œuvre qu’il a fait circuler à travers le monde et que la Tate Modern de Londres a acquis, lui a bousculé les notions de valeur et de faire le tour de plusieurs institutions et industries culturelles internationales. C’est le cas de la documenta XI et la Tate Modern en 2013.

L’artiste conceptuel africain inaugure ainsi l’ère d’une œuvre mouvante, mutante, amusante, collaborative et conversationnelle. Une manière de pouvoir marquer une révolution dans l’éducation artistique en Afrique et la représentativité de l’art africain en dehors du continent.


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