Suite à l’appel à candidature lancé en août dernier pour sa deuxième édition, Black Rock a annoncé la sélection officielle des artistes pour le programme de résidence d’artistes de cette année.  Ils viennent d’Afrique, d’Europe et de l’Amérique du Nord. Les artistes retenus pour l’édition 2021 de ce programme spécial sont jeunes, talentueux et représenteront des domaines aussi variés que leurs origines.

Artistes multimédias

Tyna Adebowale du Nigéria a une formation en peinture mais a étendu son travail aux installations et aux vidéos. Ses travaux explorent des problématiques abordant le genre, l’orientation sexuelle et la politique dans la société contemporaine nigériane. Employant l’art comme un puissant outil de changement social, elle vit actuellement à Amsterdam où elle est arrivée en 2017 pour un programme de résidence.

Mbali Dhlamini de l’Afrique du Sud est une artiste multidisciplinaire, chercheuse artistique et coordinatrice. Elle effectue des enquêtes visuelles, tactiles et discursives dans les pratiques culturelles indigènes actuelles. Vivant et travaillant à Johannesburg, son processus reconnait le langage comme un réceptacle de connaissance et un support de compréhension.

Curtis Tawlst Santiago, canadien et anciennement apprenti de Lawrence Paul Yuxweluptun, a exposé internationalement dans des lieux réputés à New York, Richmond, Miami, Toronto et Santa Fe entre autres. Son travail fait partie de la collection permanente du Studio Museum à Harlem à New York. Il vit et travaille actuellement à Munich.

Stephanie J. Woods, américaine, crée des projets de textile, de photographie, de vidéo et d’engagement communautaire. Son travail examine le comportement performatif et les effets cognitifs de l’assimilation culturelle forcée à travers l’imagerie symbolique et les matériaux se rapportant à la culture noire américaine et à l’expérience sud-américaine. Elle vit et travaille à Richmond aux Etats-Unis.

Artistes écrivains

Ghanéenne et américaine, l’écrivaine Délali Ayivor écrit à travers les enchevêtrements complexes de notre monde de plus en plus globalisé. Lauréate de la bourse présidentielle américaine pour les arts e 2011 et d’une bourse des ateliers d’été de la Tin House en 2020 et 2021, elle est très impliquée dans le monde artistique et littéraire aux Etats-Unis. Elle vit et travailles entre les Etats-Unis et le Ghana.

Arinze Ifeakandu est un jeune écrivain nigérian récemment diplômé de l’Iowa Writers Workshop où il a remporté le concours de nouvelles Richard Yates en 2018. A Public Space Books publiera en 2022 un collection d’histoires dont il est l’aueur. Il travaille actuellement à Iowa City où il prépare une nouvelle qui parlera d’amour, de race, de dislocation et de OnlyFans.

Artistes peintres

Le peintre congolais Hilary Balu centre son travail sur la transformation de la société africaine, partant de l’histoire du continent pour visualiser les conséquences de la mondialisation et de la société de consommation. Son travail a été récemment présenté sur de nombreuses expositions internationales dont la foire AKAA à Paris en 2020, la foire de l’art contemporain africain 1.54 à Marrakech en 2019 et « Kinshasa Chronique » en 2018.

Abdi Farah, peintre américain est diplômé de l’Université de Tulane à la Nouvelle-Orléans où il vit et travaille. Il a exposé ses œuvres dans des institutions comme le Baltimore Museum of Art, le Brooklyn Museum à New York ; la Corcoran Gallery of Art, l’Institut des Universités Américaines d’Aix-en-Provence en France et le Contemporary Art Center à la Nouvelle-Orléans.

Moses Hamborg, américain, est né en Californie aux Etats-Unis. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Florence où il a appris les techniques des maîtres anciens, il poursuit sa formation classique aux Studios Charles H. Cecil. Il a reçu un certificat d’excellence de la Portrait Society of America en 2019 et il a exposé en 2020 à la National Portrait Gallery de Londres lors du BP Portrait Award.

Katherina Olschbaur est une peintre autrichienne qui utilise le corps comme lieu de désir refoulé pour illuminer ses propres récits par rapport au genre, au pouvoir et à la sexualité, révélant une nouvelle compréhension du langage du corps féminin qui interroge, perturbe et démantèle les stéréotypes et les préjudices perpétués par les attentes de la société sur les femmes. Diplômée de l’Université des Arts Appliqués de Vienne, elle vit et travaille aux Etats-Unis.

Photographie et Réalisation

Nigériane et américaine, Abbesi Akhamie est écrivaine, réalisatrice et productrice. Titulaire d’une maitrise en cinéma de l’Université de New York, son premier court métrage, Still Water Runs Deep et son dernier, The Couple Next Door ont été primés respectivement au Festival International du film de Toronto en 2017 et au Reel Sisters of the Diaspora Film Festival en 2020. Elle développe actuellement son premier long métrage, In My Father’s House.

Irene Antonia Diane Reece s’identifie comme une artiste contemporaine et une activiste visuelle. Photographe américaine, elle réside et travaille entre l’Europe et les Etats-Unis. Les objectifs de Reece sont de continuer à prendre de l’espace, à parler ouvertement du monde de l’art centré sur les blancs et à créer des formes d’équité raciale dans les arts.

Darryl DeAngelo Terrell, américain, est un/e artiste qui travaille principalement dans les médias basés sur l’objectif (c.-à-d. photographie, vidéo), la performance et l’écriture. Il est également curateur, DJ, organisateur et éducateur. Son travail explore le déplacement des noirs et des métis (brown), l’identité et la force de la femme, la structure de la famille noire, la sexualité, le genre, les espaces sûrs pour tous les corps noirs et les histoires personnelles, tout en gardant à l’esprit l’accessibilité de l’art.

Sculpture, Installation et Performance

Christiano Mangovo, peintre angolais, a obtenu son diplôme en peinture à la Faculté des Beaux-Arts de Kinshasa en RDC. Son œuvre est caractérisée par des corps et objets en distorsion, représentant un commentaire social avec de forts éléments de psychanalyse. Son travail est multiforme, allant de l’impressionnisme au surréalisme, en passant par l’installation et la performance, dans lesquels il fait preuve d’une grande habileté et d’une confiance totale dans une ligne ferme.

Esmaa Mohamoud est une artiste afro canadienne. Evoluant dans la sculpture et l’installation, elle est représentée par les projets Georgia Scherman.

Le Comité de sélection

Créé par le célèbre artiste Kehinde Wiley, Black Rock Sénégal souhaite encourager une nouvelle création artistique à travers les échanges collaboratifs et inciter un changement dans le discours global sur l’Afrique. Les résidents de cette année ont été sélectionnés par un comité émérite de créateurs professionnels. Il comportait notamment :

  • Sir David Adjaye OBE, architecte anglo-ghanéen qui a travaillé sur le Musée National de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine qui a ouvert en 2016 à Washington ;
  • Amoako Boafo, jeune peintre ghanéen considéré comme une des voix les plus notables dans l’art de la Diaspora Africaine dont les œuvres ont récemment été acquises par des institutions comme la Fondation pour l’Art Blenheim, Le Musée de l’Art du Comté de Los Angeles, le Musée Albertina de Vienne ou encore le Musée Solomon R. Guggenheim ;
  • Naomi Campbell, mannequin, actrice, philanthrope et activiste engagée mondialement connue ;
  • Yagazie Emezi, artiste et photojournaliste autodidacte nigériane largement connue du monde de la presse internationale qui est devenue en 2019 la première femme noire africaine à photographier pour le National Geographic Magazine, elle a également été résidente de la première édition du programme de Black Rock ;
  • Christine Y. Kim, curatrice expérimentée qui travaille actuellement sur l’exposition de Julie Mehretu co-organisée avec le Musée Whitney de l’Art Américain ;
  • Anne Pasternak, directrice du Musée de l’Art de Brooklyn et curatrice

Les “heureux élus” se retrouveront au siège de Black Rock à Dakar au Sénégal de février à décembre 2021. Black Rock rassure par ailleurs quant aux dispositions prises pour assurer des mesures efficaces et adéquates compte tenu de la situation sanitaire mondiale, offrant ainsi un endroit sûr pour les artistes qui devront vivre et créer en de temps si inédits.


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